Noé 2.0

La musique

Noé 2.0 est un conte moderne dont la scénographie est exclusivement sonore.

L’objectif de ce travail est donc de raconter par le son ce que le public ne peut pas voir, de manière à le rendre accessible de la même façon que le ferait un décor de théâtre, mais sans interférer avec la parole des acteurs.

La musique comprend le thème principal, une musique de conte déclinée en plusieurs versions, ainsi qu’une musique orchestrale, composée pour une scène visuelle, très chorégraphiée, dont le rythme doit évoquer celui des chaînes industrielles.

Outre la composition de la musique, il a fallu créer l’ambiance sonore d’un poulailler industriel, celle d’une chaîne de « désassemblage », et enfin, créer l’univers sonore spécifique d’un jeu vidéo, avec non seulement une musique, mais aussi tout un ensemble de bruitages. Afin de gérer cet ensemble sonore avec la précision et la flexibilité nécessaire, j’ai écrit un patch Max/MSP utilisable avec un simple contrôleur MIDI et le clavier d’un ordinateur. Ce travail est en cours de création, et est prévu pour la saison théâtrale 2015-2016.

La pièce

Noé 2.0 est une pièce écrite pour un public d’adolescent évoquant le parcours d’un petit garçon qui se rend dans un élevage industriel avec trois des animaux de sa ferme et qui se confronte aux rouages d’une machine infernale.

Gauche Uppercut

La création sonore

Le travail de création sonore a consisté ici à trouver et créer les ambiances qui correspondent aux désirs de la metteuse en scène, ainsi que des sons d’entrée et de sortie pour les personnages de la pièce, en fonction de leur caractère, et de leur place dans le microcosme qu’ils constituent. Ce travail a été effectué à distance. La création a eu lieu à Paris, alors que je venais de m’installer à Istanbul, et je n’ai pu qu’assister à une première lecture de la pièce. C’est donc par des rendez-vous électroniques réguliers, et après plusieurs essais, que nous avons réussi avec la metteur en scène à créer les sons nécessaires à cette pièce.

De même, n’étant pas sur place, je ne pouvais être présent en tant que technicien pour les représentations, et la scénographie sonore finale était trop complexe pour être exécutée avec un logiciel tout public, ou même avec un CD. J’ai donc écrit un patch spécifique à cette pièce, extrêmement simple d’utilisation, afin que le technicien responsable n’ait à se concentrer que sur le moment où il devait lancer ou arrêter chaque évènement sonore.

La pièce

« Ici, c’est l’Archipel B612. Ici, faire des vagues, c’est pas bon ! Alors on ne provoque pas ! un contrat, c’est un contrat ! et on a ses papiers ! Ici, trois règles (ou plutôt une) : c’est en couple ou on crève ! Ailleurs, c’est la belle société, invisible, inaccessible et emprisonnée par le virtuel... Univers blindé de règles qui laisse entrevoir une ébauche de liberté qu’on ne trouve au final qu’en soi-même. Aujourd’hui, un ordre a été donné : supprimer l’Archipel B612. »
—Texte extrait de La Bulle du Temps

Atteintes à sa vie

La musique

Le travail que j’ai effectué pour Atteintes à sa vie est une composition musicale aux multiples facettes.

La structure de la pièce exige une quinzaine de transitions permettant une interruption nette entre deux scénarios consécutifs. Durant ces transitions, dont l’instrument de base est le piano, et qui sont construites selon le principe de répétition-variation, le son introduit une ambiance, une inquiétude, un malaise, une sensation de dérobement dans l’esprit du spectateur, sur ce qu’il vient de voir ou sur ce qu’il va voir.

Le travail sonore a également un aspect performatif. D’une part, pour l’un des scénarios, nous avons choisi d’enregistrer un ensemble de répliques, prises en charge par plusieurs acteurs, de les mixer ensemble, et de les diffuser pendant le spectacle pour donner la réplique à l’acteur sur scène. D’autre part, j’ai effectué sur l’un des scénarios, écrit comme une chanson, un travail de composition pour une voix soliste, deux choristes et électronique.

La pièce

Un personnage, dont le nom est soumis à variations et qu’on ne verra jamais sur scène, revient d’un scénario à l’autre. Anne/Anny/Annie/Anya/Annoushka est tour à tour l’amante d’un politicien, une victime de guerre, une voiture, une terroriste, un poulet à l’Armoricaine...

Pièce-enquête, pièce-labyrinthe, Atteintes à sa vie se joue, avec ironie, des représentations, des discours (sécuritaire, publicitaire, sectaire, médiatiques…), des clichés (de l’image, de la langue), et des histoires qui circulent dans l’espace public. En les mettant à distance, souvent d’une façon ambigüe, elle invite à penser ce qu’il peut y avoir de violent, voire de terrifiant, dans ce qui nous est familier, et qui finit peut-être par porter atteinte à nos vies.